
??/??/2006 - Courrier APUPE à la Préfecture
Objet : Précarité au Port de l’Epervière
Monsieur le Préfet,
Je me permets d'attirer votre attention sur un problème qui est extrêmement grave. Nous sommes une vingtaine de familles à résider sur nos bateaux au Port de Plaisance de l'Epervière où l'on nous oblige à signer un contrat d'amarrage précaire.
Afin de vous éclairer je vous explique ma situation personnelle. Je suis parti pendant 5 ans en navigation en Méditerranée avec ma compagne. A notre retour plusieurs ports nous ont proposés de nous accueillir et notre choix s’est porté sur celui de Valence de par sa position géographique centrale. Effectivement nous devons représenter une usine allemande fabriquant des panneaux photovoltaïques.
Notre bateau est un ancien collecteur de pêche de 20 m. Afin de pouvoir remonter le Rhône et accéder au Port de Valence nous avons dû passer par un chantier pour faire couper les mats de charges. Lorsque nous avons pris contact avec le capitaine du Port de l'Epervière celui-ci nous a demandé si nous étions équipés d'une cuve de rétention ; étant donné que nous en avons une de 2800 l il n'y avait pas de problème pour résider à bord. Nous avons informé la Capitainerie que nous devions vivre sur notre bateau pendant un certain temps parce que la logique veut que nous trouvons un travail avant de nous établir dans un endroit. De toute façon il est hors de question que nous quittons notre bateau étant donné que c’est notre propriété ; nous forcer à résider ailleurs que sur notre navire est une atteinte à notre vie privée.
Par la suite nous avons fait toutes les formalités nécessaires pour nous établir à Valence ; notre fils est inscrit à la maternelle, nous nous sommes déclarés aux impôts et inscrits sur les listes électorales. Même l’adresse sur la carte grise de notre voiture est celle du Port de l'Epervière où nous avons une boîte aux lettres.
Il y a un mois suite à un incident nous avons compris que la responsable de la C.C.I.D. détachée au port, Mme Pulchérie, veut se débarrasser de certains bateaux habités, ceci pour des raisons qui nous sont inconnues. La seule chose que nous pouvons certifier est que cette personne ne connaît rien aux bateaux et dirige un port où elle n'a aucune compétence. Et surtout elle a un gros problème relationnel. Sentant le danger nous nous sommes rassemblés au sein d'une petite association qui s'appelle l'A.P.U.P.E. (Association des Plaisanciers et Utilisateurs du Port de l'Epervière) dont je suis le président.
La première lettre recommandée avec mise en demeure est arrivée il y a 15 jours, à l'attention de M. Jacques Ardailler, propriétaire du bateau "Le Chouett'Epervier". Cette lettre exprime clairement l’intention de la C.C.I.D. d'expulser M. Ardailler pour le 15 août. M. Ardailler est un commerçant établi depuis longtemps à Bourg-lès-Valence qui par ses cotisations finance la C.C.I.D. et qui a un bateau au-dessus de tout reproche ; il s’agit d’un prototype en attente d'immatriculation.
Monsieur le Préfet, vous comprendrez qu'une chose me choque profondément. Lorsque je regarde les informations télévisées et que je vois des clandestins en attente d'être reconduits dans leurs pays j'ai l'impression de partager leur sort alors que je suis bien français. J’ai toujours payé mes factures à échéance voir à l'avance et par ailleurs j’ai perdu un pied sur une mine en République du Tchad. Je me tourne vers vous en espérant que vous nous accorderez des délais afin que nous puissions trouver un interlocuteur pourvu de bon sens au sein la C.C.I.D. parce qu'avec Mme Pulchérie tout dialogue est impossible. Nous devons par ailleurs rencontrer prochainement les responsables de la C.N.R., propriétaire du site.
Je vous fais parvenir en pièces jointes 5 courriers relatifs à ce sujet ainsi qu’un certificat médical concernant mon accident au Tchad.
Je vous remercie de m'avoir lu et d'être à l'écoute de nos problèmes.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments distingués.
Hervé Robert,
président de l'A.P.U.P.E.
Port de l'Epervière, E8
26000 Valence
Tel fixe : 04 75 60 52 34
Tel portable : 06 19 07 25 72
Copie : C.N.R.